Le Directeur Général Dr Nasser Keita

p1Il arrive que certaines vérités s’imposent à nous comme des évidences. La Grande dépression aura été sans conteste la tragédie du 20ème siècle. Elle a engendré une vague de chômage mondial sans précédent et, comme si cela ne suffisait pas, elle a laissé derrière elle un vide exécutif qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale. Plus de 50 millions d’êtres humains sont morts prématurément.

S’il est permis aujourd’hui de craindre une autre Grande Dépression, c’est parce qu’au cours des dernières années les économistes, l’État et l’ensemble des citoyens ont perdu toute vigilance. Les leçons de 1930 ont été oubliées. Cette période difficile avait au moins eu le mérite de nous éclairer sur le fonctionnement réel de l’économie et de nous faire prendre conscience du rôle que doit jouer l’État dans le fonctionnement d’une économie stable.

Les économistes, les hommes politiques et une partie du grand public ont intégré dans leur raisonnement les principes de Keynes sur le rôle des politiques budgétaire et monétaire dans la lutte contre les récessions. Feu Milton Friedman lui-même alla jusqu’à dire <nous sommes tous keynésiens désormais>, même s’il devait revenir sur sa déclaration par la suite. Et les stratégies macroéconomiques de Keynes ont fait leurs preuves. Certes l’économie a connu des hauts et des bas ; certes on a assisté à des bouleversements majeurs, d’abord au Japon dans les années 1990, puis en Indonésie après 1998 et en Argentine après 2001. Mais si l’utilité de recourir au déficit budgétaire pour sortir de la récession a été universellement reconnue, il est un message plus fondamental encore de la Théorie générale qui, lui, a été occulté : l’analyse en profondeur des Mécanismes économiques et du rôle de l’État.

On ne peut comprendre le fonctionnement de nos économies, les gérer au mieux et les faire prospérer, sans prendre en considération les esprits animaux, autrement dit des schémas de pensée qui sous-tendent nos mecanismes intellectuels et affectifs. Nous ne parviendrons jamais à appréhender les faits économiques marquants si nous refusons de voir qu’ils sont dus, pour une grande part, à des phénomènes d’ordre mental.
Malheureusement, ni les économistes ni les auteurs d’ouvrages spécialisés ne semblent prêts à l’admettre ; ils préfèrent se rabattre sur des interprétations on ne peut plus tourmentées et artificielles des faits économiques. Selon eux, les fluctuations qui caractérisent nos sentiments intimes, nos impressions et nos passions, sont globalement insignificatives parce que les faits économiques sont le seul résultat de facteurs techniques difficiles à cerner et des décisions erratiques de nos gouvernements.

De même que la vie familiale oscille entre cohésion et conflits, bonheur et dépression, succès et déroute, les économies ont elles aussi leurs bons et leurs mauvais moments. Le tissu social se modifie. Le niveau de confiance des hommes les uns envers les autres est variable. Et l’empressement à produire des efforts et à faire des sacrifices n’est pas non plus une valeur constante.

Au laboratoire de Recherche Économique, nos recherches portent exclusivement sur les réponses aux questions suivantes :
1). Pourquoi les économies connaissent-elles des dépressions ?
2). Pourquoi et jusqu’où les banquiers centraux dirigent-ils l’économie ?
3). Pourquoi certains ne trouvent-ils pas de travail ?
4). Pourquoi y a-t-il á long terme un arbitrage entre inflation et chômage ?
5). Pourquoi l’épargne est-elle aléatoire ?
6). Pourquoi la valeur et les investissements des entreprises sont-ils si instables ?
7). Pourquoi le marché de l’immobilier passe-t-il par des cycles ?
8). Pourquoi la pauvreté qui sévit dans certaines minorités persiste-t-elle d’une génération à l’autre ?
En répondant à ces questions, en mettant le doigt sur le véritable fonctionnement de l’économie, nous accomplissons ce que les doctrines existantes n’ont pas réussi à faire.

NASSER KEITA, PhD